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>>« Là-haut sur la montagne ... »

28 mai 2006
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Une récente réunion de l’Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM) a bien mis l’accent sur le fait que les problèmes de la montagne, qui font sans cesse l’objet de projets législatifs, se traitent avant tout par massif (Le Progrès du 19/05). L’Etat a d’ailleurs mis en place depuis longtemps des Commissaires de Massif.

Pourquoi faire ?

Ce n’est pas pour en faire des réserves d’indiens comme le suggère par provocation le Président de l’ANEM. Mais c’est bien poser le problème de l’économie montagnarde et plus particulièrement celui du tourisme. Et là, il ne faut pas se tromper dans la mesure où une politique touristique digne de ce nom concerne aussi bien les gens qui accueillent que ceux qui sont accueillis. Elle ne peut donc se limiter à la seule exploitation des sites, des équipements ou des services. Elle doit en effet respecter un équilibre entre les critères économiques ordinaires (fréquentation, chiffre d’affaires, emplois, etc.) et le l’enrichissement du territoire. Pour cela, il faut bien comprendre que ce sont les valeurs culturelles d’une communauté territoriale qui constituent en fait le patrimoine attractif. C’est ce qu’un des meilleurs spécialistes de l’identité et du développement du territoire, Roger Nifle, nomme « le tourisme des valeurs », centré sur la rencontre et le partage de valeurs humaines et non sur la seule consommation de produits. La montagne jurassienne répond bien à ce type d’exigence, déjà plus ou moins formulée par les actions du Parc Naturel Régional autour de la haute qualité environnementale, de la biodiversité et de l’écotourisme. Il faut cependant savoir que plus de 30% de nos visiteurs viennent dans le Jura plutôt par opposition à d’autres régions ou modes touristiques. Ils n’y viennent pas « pour ». Et c’est là où reste le travail à faire. Il faut qu’ils viennent parce qu’ils sont concernés par les modes de vie jurassiens, ce qui donne toute son importance au développement d’une économie résidentielle de qualité.

A cet égard, il faut saluer les opérations engagées à Saint-Laurent-en-Grandvaux, à Foncine-le-Haut etc, décrites par la lettre d’information « route touristique des montagnes du Jura » publiée par le Conseil Régional.

Chaque fois, il s’agit de retrouver la convivialité des centres, la vitalité commerciale, l’amélioration de l’image de gros bourgs à qui on apporte des touches urbaines, le souci de donner une place centrale à l’habitant, etc.

Bref, le « donné à vivre » l’emporte sur le « donné à voir ». Roger Nifle cite souvent l’exemple des Cévennes, autre massif historiquement, culturellement et économiquement typé où l’offre touristique est désormais orientée vers une population susceptible de participer à la résurrection de ce territoire.

Une fois de plus se vérifie ce que le grand historien Michelet disait de la montagne : « elle est une initiatrice ».

Dès lors nul n’est besoin d’évoquer cette alchimie du réel et de l’imaginaire, de l’action et du rêve que la montagne offre à ceux qui l’aiment.


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